"La Venin" tome 1
3.8Note Finale
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Colorado, Juillet 1900.
Emily débarque à Silver Creek, petite ville minière en pleine expansion. Mais la jeune femme est-elle vraiment venue se marier comme elle le prétend ? Rien n’est moins sûr, car dans l’Ouest encore sauvage où les passions se déchaînent et les vengeances sont légion, les apparences sont parfois trompeuses… Et la poudre dicte toujours sa loi ! Surtout lorsque votre passé est plus lourd que la valise que vous traînez.

Le Western est un genre qui a connu ses heures de gloires, en BD comme au cinéma, et qui revient en force en ce moment: côté ciné on peut citer l’excellent Hostiles, que nous avions adoré, et niveau BD, la sublime série Undertaker, de Ralph Meyer et Xavier Dorison chez Dargaud.

Laurent Astier s’attaque donc à ce genre très codifié, et parfois surexploité. Parvient-il à nous apporter un peu de nouveauté, un peu de fraicheur? La réponse est oui: son western s’écrit au féminin, ce qui lui permet dans un premier temps d’habilement jouer des clichés auxquels on pourrait s’attendre. Il se sert même de cette image de femme faible perdue en plein Far West pour nourrir son intrigue, et construire le personnage d’Emily. Quelle bonne idée.

 

Emily « La Venin » est un personnage fort et attachant, au caractère bien trempé. On se surprend à la découvrir dans le premiers tiers de l’histoire. Qui est-elle, que veut-elle? Les quelques flashbacks qui émaillent le récit nous permettent d’en apprendre un peu sur son passé. Mais juste un peu, Laurent Astier se gardant bien de nous dévoiler dès ce premier tome toutes les raisons qui poussent « La Venin » à mener sa croisade.

On a quelques indices, et une thématique qui parait évidente: la vengeance. Mais encore une fois, l’auteur nous distille subtilement les raisons de cette quête violente et sans compromis.

Emily est un personnage fort, de caractère, mais aux failles apparentes. Elle sait user de toutes les armes à sa disposition: maitrise des armes à feux bien sûr, mais aussi de son langage, de ses valeurs (grâce auxquelles elle survit à ce premier tome), et de son corps, un précieux atout dans un univers très masculin qui laisse peu de place aux sentiments.

Parlons du dessin. Quand on connait un peu l’oeuvre de Laurent Astier, on n’est pas dépaysé: des personnages aux expressions fortes, des couleurs superbes, mais surtout, un sens du découpage largement au-dessus de la moyenne: on se plait à découvrir des planches magnifiquement mises en scène, un rythme toujours bien tenu, et une architecture de planche et de case qui sublime l’histoire. Clairement le point fort de l’auteur.

Cadre dans le cadre, belle utilisation du plan large et du mouvement, rythme… Tout ceci fait du premier tome de « La Venin » un western savoureux dont on a hâte de découvrir la suite.
Les éditions Rue de Sèvres subliment le travail de l’auteur, avec un très bel ouvrage (une habitude chez eux), complété par un cahier informatif de fin d’ouvrage très intéressant. Une BD indispensable pour tous les amateurs de Western, mais qui plaira aussi à un public bien plus large.

Comme Instagram coupe à 1mn precise, je mets le trailer en entier !

Publiée par La Venin sur Mercredi 9 janvier 2019

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