"Survivant" tome 1
3.0Note Finale
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A la suite d’une catastrophe naturelle, le jeune Satoru se retrouve seul au milieu d’une nature redevenue hostile. Ce jeune homme urbain, assisté et apeuré va devoir réapprendre, par le souvenir, la logique ou la nécessité, les gestes et les techniques qui lui permettront de survivre.
Confronté aux bêtes sauvages, à la faim, la peur et la solitude, parviendra-t-il à survivre ?

« Survivant » est un manga de Takao Saito, paru entre 1976 et 1978. La version française, qui comprend 10 volumes, est parue entre 2006 et 2008.
Ce n’est pas tout à fait de ce manga dont je vous parle aujourd’hui; en effet, les éditions Vega, un nouveau venu sur la scène manga, publient en octobre le premier tome d’un reboot de cette série, dessiné par Akira Miyagawa.

On peut se questionner sur l’intérêt d’un tel reboot. L’histoire de Satoru est assez universelle, et sa publication dans les années 70 préfigurait les mouvements écolos actuels: l’intérêt de préserver la Nature, l’idée de vivre en symbiose avec Elle, préserver les autres espèces, respecter notre écosystème… Des thématiques souvent exploitées par les Arts japonais, un pays toujours fortement marqué par les bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki.

Plus de 40 ans après la publication du manga, Fukushima, les scandales sanitaires et alimentaires, le réchauffement climatique, et autres catastrophes écologiques sont passés par là. C’est là qu’un reboot pourrait devenir pertinent.

Alors certes, Miyagawa fait l’effort de réactualiser certaines situations, de bien nous montrer que « son » Satoru possède un téléphone portable… Mais on sent que c’est forcé. A comparer les deux mangas, on y perd à lire ce reboot qui va plus vite et est plus superficiel.

Si le trait de Miyagawa est très bon, et même parfois assez envoutant dans son sens de la composition et dans la conception de ses décors, il n’en est pas toujours de même pour ses (son) personnage. Satoru est parfois trop inexpressif, un peu trop simpliste pour qu’on s’attache à lui. Dommage, quand on voit certaines planches grandioses, d’en trouver d’autres beaucoup plus dépouillées.

Pour ceux qui ne connaissent pas le manga original, et qui auraient du mal à se le procurer, ce reboot peut être un divertissement agréable, surtout que le réalisme global des situations et des moyens utilisés par Satoru pour assurer sa survie paraissent très documentés.

Attendons les tomes suivants pour un avis tranché, mais c’est pour l’instant mal parti pour que ce « Survivant » fasse oublier son glorieux ainé.