Astérix: Le secret de la potion magique
3.5Note Finale
Note des lecteurs: (1 Vote)

À la suite d’une chute lors de la cueillette du gui, le druide Panoramix décide qu’il est temps d’assurer l’avenir du village. Accompagné d’Astérix et Obélix, il entreprend de parcourir le monde gaulois à la recherche d’un jeune druide talentueux à qui transmettre le Secret de la Potion Magique…

Après une première incursion dans l’univers du petit gaulois plutôt réussie, avec « Le domaine des Dieux » en 2014, Alexandre Astier renoue avec Astérix, en nous proposant cette fois un scénario inédit non issu des BD.

Difficile de s’approprier des personnages aussi cultes, et aussi ancrés dans l’imaginaire français. L’univers d’Astérix est très figé et respecte de nombreux codes: les personnages ne vieillissent pas, leur situation d’album en album est inchangée… On les prend à un point A, pour les laisser à leur point A…

Tout le challenge d’Astier consistait donc à respecter ces codes, tout en s’appropriant l’univers, à travers des dialogues et des situations bien à lui.

Le pari est plus que réussi, tant ce film respecte le matériau de base tout en réussissant à s’en affranchir par moments, sans toutefois le trahir complètement.

La sujet du film est justement un jeu autour du respect de ces codes: Panoramix se sentant trop vieux, il décide de partir à la recherche d’un jeune druide à former pour le remplacer. Astérix et Obélix sont presque en retrait, et n’influent que peu sur cette histoire dont Panoramix est le personnage central. 

Et c’est là que le film d’Astier est subtil: tout le village, Astérix et Obélix compris, sont contre cette démarche, c’est à dire contre le changement susceptible de toucher leur village.

Astier ne se contente pas de ça, et les personnages créés dans le cadre de cette histoire amènent eux aussi un vrai vent de fraicheur à la saga: que ce soit Sulfurix, un druide rival de Panoramix, en méchant aigri et torturé, ou encore la petite Pectine, jeune fille inventive et douée, qui vient du village des Gaulois.

Le film se moque donc des clichés parfois vieillots qui parcourent l’oeuvre de Goscinny et Uderzo, comme cette forêt de druides « interdite aux non-druides et aux femmes, évidemment! ».

La mise en scène est inventive et rythmée, comme cette première séquence qui mettra le spectateur dans l’ambiance, tout en annonçant que le film va nous sortir un peu de cette routine cadencée du village gaulois. On appréciera aussi deux séquences visuellement très intéressante, comme ce flashback sur la jeunesse de Panoramix, qui est une trouvaille visuelle très pertinente, ou encore ce parcours accéléré de l’équipée gauloise à travers la pays, et qui permet à Alexandre Astier de faire passer quelques messages simples et profonds à la fois.

En bref, ce nouvel Astérix plaira aux petits comme aux grands, et se permet en plus d’apporter un vrai vent de fraicheur à la saga.