Les Vieux Fourneaux
3.3Note Finale
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Pierrot, Mimile et Antoine, trois amis d’enfance de plus de 70 balais, se retrouvent à l’occasion des funérailles de Lucette, la femme d’Antoine. Mais tout ne se passe pas comme prévu: Antoine tombe par hasard sur une lettre qui lui fait perdre la tête. Sans fournir aucune explication à ses amis, il part sur les chapeaux de roue depuis leur Tarn natal vers la Toscane. Pierrot, Mimile et Sophie, la petite fille d’Antoine enceinte jusqu’aux dents, se lancent alors à sa poursuite pour l’empêcher de commettre un crime passionnel… 50 ans plus tard !

Cette adaptation de LA BD CULTE DE LUPANO ET CAUUET a dès le départ eu de quoi nous faire saliver:
– le scénario est signé Wilfrid Lupano, le scénariste de la bande dessinée; un gage de qualité tant ses histoires et ses dialogues sont de haut niveau.
– le casting semble parfait: qui d’autre que Pierre Richard aurait pu incarner Pierrot l’anarchiste?

Mais de bons ingrédients ne font pas forcément un bon film, et les dernières adaptations BD sorties en France ces derniers temps n’ont pas toutes été de grandes réussites.

Les Vieux Fourneaux fait heureusement figure d’exception: en mêlant habilement les scénarios des tomes 1 et 3, Lupano nous concocte une histoire sympathique avec un fond assez engagé (comme à son habitude; jetez-vous sur ses BD).

La mise en scène de Christophe Duthuron, dont c’est le premier film, est globalement à la hauteur, et surtout très respectueuse des nombreuses trouvailles graphiques de la BD. La gestion des flashbacks est par exemple aussi originale qu’émouvante, et la séquence d’animation du spectacle du Loup en Slip en fin de film est très réussie.

Les acteurs cabotinent dans la bonne humeur, mais sans en faire trop. Une direction qui correspond bien au ton du film. On peut regretter certaines scènes dans lesquelles Alice Pol n’est pas forcément à la hauteur (avec les vieilles sur l’aire de repos), ou encore le personnage de Marie-Amélie, la petite fille de Garan-Servier interprétée par Méliane Marcaggi qui en fait des caisses sans que cela soit bien nécessaire.

Le scénario est plutôt bon comme je l’ai dit plus haut, et n’est pas une simple adaptation bête et méchante. Malgré tout, avoir mélangé deux arcs narratifs a ses inconvénients: le film a deux fins, ce qui occasionne quelques temps morts en fin d’histoire.
On peut aussi regretter certains reliquats inutiles, comme la mention du notaire en début de film: il a trop d’importance pour un personnage qu’on ne verra jamais.

Mis à part quelques petits défauts, l’essai est transformé. Ces Vieux Fourneaux sont drôles, frais, et on n’a qu’une envie: voir la suite de leurs aventures. Il y a trop de non-dits dans ce film pour qu’on ne sache pas ce qui va leur arriver (surtout quand on connait les BD). Alors espérons qu’un deux voit le jour; ce serait dommage de les enterrer trop tôt.

Pour en savoir plus, vous pouvez retrouver notre INTERVIEW DE WILFRID LUPANO réalisée lors du dernier Festival de la BD d’Angoulême.

Et vous pouvez également jeter un oeil à la bande-annonce du film: