The First
3.8Note Finale
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Dans un futur proche, l’Humanité vit les premiers pas de la colonisation de l’espace, avec le lancement de la navette Providence, à destination de Mars.
Au sol, les familles et les équipes suivent cet exploit, aussi fou que dangereux.
Parmi, eux, Tom Hagerty est un éminent astronaute à la retraite qui aurait dû être le commandant du Providence.
Laz Ingram est quant à elle l’une des têtes pensantes de la mission et une véritable visionnaire de l’aérospatiale. C’est elle qui a décidé d’écarter Hagerty du programme.

Voilà le pitch de cette série de 8×45 minutes produite par la plateforme Hulu, avec Sean Penn dans le rôle titre, accompagné de l’excellente Natascha McElhone (qu’on a pu voir dans The Truman Show, ou encore Californication).
On doit la création de The First à Beau Willimon, qui a créé la série House of Cards pour Netflix.

Le casting est costaud… Et les attentes élevées. Quand je lance le premier épisode de la série (disponible en France sur OCS), je sais déjà qu’elle ne sera pas renouvelée pour une seconde saison, et que je n’aurai donc que ces 8 épisodes à me mettre sous la dent. Pas forcément bon signe…

Mais dès le premier épisode, je suis sous le charme: la série est très bien documentée, ce qui lui donne un côté réaliste tout à fait convaincant.
A travers (PETIT SPOIL) l’échec du lancement de Providence, on suit avec passion le processus d’une entreprise faisant face à un échec ayant entrainé la mort de 5 personnes. Tout y passe: le deuil des familles à gérer, les procès qui vont avec, les arrangements financiers, et bien entendu la remise en question  de la faisabilité du projet, l’opinion publique étant versatile, et les politiques prompts à s’emparer de n’importe quel sujet important afin de séduire leurs électeurs.

Question direction artistique, c’est une grande réussite: la série se passe au début des années 2030, et les quelques améliorations technologiques proposées par rapport à notre bon vieux 2019 sont tout à fait crédibles: réalité virtuelle, commandes vocales, voitures autonomes… Tout cela est mis en scène de manière simple et réaliste, et on imagine sans peine que le futur proche nous réserve ce genre d’avancées. Ces petits détails favorisent l’immersion du spectateur dans la série, et permettent le déroulement de quelques jolies scènes.

Outre ces sujets intéressants et bien traités, The First suit le quotidien de Tom Hagerty (Sean Penn), le premier astronaute à avoir marché sur la lune depuis les missions Appolo, et mis à l’écart du projet par Laz Ingram (Natascha McElhone). On apprend les raisons de cette éviction en milieu de saison, dans un épisode aussi surprenant que réussi qui se concentre sur la relation entre Hagerty et sa fille.

L’entrainement des astronautes est finalement assez secondaire dans ces épisodes; même si on voit un peu leur quotidien, ce sont leurs relations qui nous intéressent, et plus particulièrement les rapports de l’équipe avec les membres de leur famille.

Comment mener une vie de famille quand on fait partie d’une mission peut-être sans retour, et qui va durer au mieux 2 ans et demi? Un couple peut-il survivre à cet épreuve? Une mère peut-elle laisser son mari seul avec ses enfants? Un homme peut-il passer à côté de son rêve à cause d’un soucis médical? Un père peut-il partir en quête du plus grand exploit de l’Humanité, au risque d’abandonner sa fille dépressive?

Voilà pas mal d’éléments qui font de The First une série qui sort de l’ordinaire; là où la plupart des récits de SF du même genre se concentrent plutôt sur l’exploit et l’héroïsme, voire l’action et les effets spéciaux, la série fait le pari d’une approche plus posée, plus proche des personnages et de leurs problématiques terriblement banales: comment réussir à vivre avec l’autre? Si nos personnages sont incapables de gérer leurs problèmes familiaux, comment peuvent-ils prétendre partir sur une autre planète en compagnie de « collègues », enfermés pendant 2 ans dans un vaisseau au milieu du vide de l’espace?

Des questions que la série n’abordera malheureusement jamais, la saison 1 se terminant sans avoir le temps d’y répondre. On a malgré tout le droit à une vraie fin; ouverte, certes, mais qui conclut quand même tant bien que mal une série au potentiel fort et qui ne sera pas complètement exploité…

Quel dommage de ne pas avoir droit à une saison 2 !

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